Brest a été reconstruite presque entièrement entre 1945 et le début des années 1960. Cette Reconstruction, puis les grands ensembles de Bellevue et de Pontanézen, puis les lotissements pavillonnaires des années 1970 et 1980 : trois vagues de construction qui correspondent exactement aux quatre décennies pendant lesquelles l'amiante a été le matériau roi du bâtiment français. C'est ce qui explique la densité de matériaux amiantés dans le parc immobilier brestois, très supérieure à celle d'une ville épargnée par les bombardements.
Notre entreprise s'est construite sur ce constat. Nous ne faisons que du retrait d'amiante et ce qui l'entoure : le repérage qui le précède, le curage qui l'accompagne avant une démolition, l'évacuation qui le termine. Quatorze ans de chantiers dans le Finistère nous ont appris à reconnaître un matériau à l'œil et à savoir, dès la visite technique, s'il relève d'un retrait en sous-section 3 ou d'une intervention plus légère.
Ce que le climat du Ponant fait aux plaques de fibrociment
Les plaques ondulées en amiante-ciment vieillissent partout, mais elles vieillissent plus vite ici. Les vents dominants d'ouest chargés d'embruns, une pluviométrie élevée répartie sur toute l'année, des écarts de température faibles mais une humidité permanente : la matrice cimentaire se carbonate, la surface se déchausse, les mousses et les lichens s'installent et retiennent l'eau. Une plaque de 1975 posée sur un garage de Plouzané, exposée plein ouest sur le goulet, présente au bout de cinquante ans un feuilletage de surface que la même plaque n'aurait pas atteint à l'intérieur des terres.
Cette dégradation change la nature du chantier. Une plaque saine se dévisse et se descend entière. Une plaque feuilletée doit être imprégnée avant chaque manipulation, parfois consolidée à la résine, et se casse à la moindre torsion. Nous chiffrons différemment les deux cas, et c'est précisément pour cela que nous ne donnons jamais de prix sur photo.
Les matériaux que nous rencontrons le plus dans le pays de Brest
Le fibrociment domine largement : couvertures de garage et d'appentis, bardages verticaux d'ateliers, conduits de ventilation, descentes d'eau pluviale, plaques de clôture. Viennent ensuite les dalles de sol vinyle-amiante au format 30 x 30, beiges ou marbrées, et surtout le bitume noir qui les colle à la chape, souvent plus chargé en fibres que la dalle elle-même. Dans les immeubles collectifs, on trouve les calorifugeages de chaufferie et les flocages projetés sur les structures. Dans le bâti agricole du plateau léonard et de la presqu'île de Plougastel, ce sont des surfaces de couverture qui se comptent en centaines de mètres carrés.
Une filière de déchets qui pèse dans le prix
Le retrait n'est que la moitié du chantier. Les déchets d'amiante lié partent en alvéole dédiée d'installation de stockage autorisée, les déchets friables vers une installation de stockage de déchets dangereux dont aucune ne se trouve en Bretagne. Le transport se fait sous régime ADR, avec un bordereau de suivi signé aux trois cases par le producteur, le transporteur et l'exutoire. Ce document est votre seule preuve d'élimination : il se conserve avec les actes du bien et se transmet à l'acquéreur. Une entreprise qui ne vous le remet pas ne vous a pas protégé.