Une commune qui a doublé pendant la période amiante
Guilers est passée d'environ trois mille cinq cents habitants à la fin des années 1960 à près de huit mille aujourd'hui. Cette croissance s'est faite par lotissements successifs sur le plateau, exactement pendant les deux décennies où l'amiante-ciment était le matériau le moins cher et le plus commode pour couvrir un garage, un abri de jardin ou un appentis. Le résultat se voit encore d'une rue à l'autre : des dizaines de toitures ondulées grises, toutes de la même génération, toutes arrivant en fin de vie au même moment.
Le bois de Kéroual et l'effet de l'ombre
La partie ouest de la commune, vers le bois et le manoir de Kéroual, offre un couvert végétal dense. Les maisons qui bordent ces boisements reçoivent moins de soleil direct et davantage de feuilles mortes sur leurs toitures. Sur une plaque d'amiante-ciment, ce mélange d'humidité et de matière organique produit un biofilm qui ne sèche jamais. Nous rencontrons dans ce secteur des plaques dont la surface se délite en écailles, à manipuler avec une imprégnation renforcée et un démontage plaque par plaque, sans jamais forcer sur une fixation grippée.
Les anciennes fermes du nord de la commune
Le nord de Guilers a gardé son caractère agricole. Plusieurs corps de ferme y ont été rachetés et transformés en habitations depuis les années 1990. Les bâtiments annexes de ces ensembles, étables, remises, hangars à matériel, ont souvent été recouverts d'amiante-ciment dans les années 1970 pour remplacer une ardoise fatiguée. Ce sont des surfaces plus grandes, entre 150 et 400 mètres carrés, parfois avec un bardage vertical en plaques planes en plus de la couverture. Sur ce type de bâtiment, la question du silo, de la cuve ou du conduit oublié se pose systématiquement : nous faisons le tour complet avant de chiffrer.
Les sols des pavillons mis en vente
La deuxième demande guilérienne, en volume, concerne les dalles de sol. Les maisons construites entre 1965 et 1985 ont fréquemment reçu des dalles vinyle-amiante de trente centimètres de côté, posées au bitume noir dans les entrées, les cuisines et les chambres. Le diagnostic obligatoire à la vente les révèle, et l'acquéreur demande alors soit un retrait, soit une décote. Nous traitons la dalle et la colle dans la même opération, sous confinement, avec mesure libératoire à la clé : c'est le seul montage qui permet de rendre au notaire un dossier complet.