Une commune rurale devenue commune nouvelle
Milizac, qui forme depuis 2016 la commune nouvelle de Milizac-Guipronvel, appartient au plateau léonard, ce pays agricole qui monte doucement de Brest vers les Abers. Trois mille quatre cents habitants, un bourg resserré autour de son église, et tout autour des exploitations dont beaucoup sont encore en activité. Le bâti amianté y est donc majoritairement agricole, et les surfaces n'ont rien à voir avec celles d'un lotissement urbain.
Le bâtiment d'élevage type et son amiante
La stabulation construite entre 1965 et 1990 se reconnaît de loin : charpente métallique ou bois, grandes plaques ondulées grises en couverture, parfois translucides pour l'éclairage, et un bardage bas en plaques planes du même matériau. Une couverture de ce type dépasse fréquemment huit cents mètres carrés, soit près de vingt tonnes de déchets. À cela s'ajoutent des éléments qu'on oublie de compter : les faîtières, les descentes, les plaques de séparation entre cases, les cloisons de laiterie et parfois la couverture d'un silo. Nous relevons tout à la visite, parce qu'un oubli au devis devient un avenant sur le chantier.
Désamianter sans arrêter l'exploitation
Un troupeau ne se déplace pas comme du mobilier. Nous travaillons donc par bandes, en décalant les animaux d'une moitié du bâtiment vers l'autre, avec un cloisonnement provisoire étanche entre la zone de travaux et la zone occupée. Les vacations sont calées en dehors des heures de traite. Sur un chantier récent de la commune, huit cent quarante mètres carrés ont ainsi été déposés en neuf jours sans qu'une seule traite ne soit décalée. C'est une organisation, pas une improvisation : elle se prépare pendant le mois de délai réglementaire.
Le calendrier et l'accès
Les deux contraintes récurrentes du plateau sont le calendrier cultural et la portance des accès. Les périodes de récolte et d'épandage bloquent les chemins et mobilisent les cours de ferme ; les chemins d'exploitation ne supportent pas toujours un porte-char chargé. Nous calons les dates avec l'exploitant avant même de rédiger le plan de retrait, et nous adaptons le matériel de levage à ce que le terrain accepte. Une benne posée au mauvais endroit sur un sol détrempé coûte plus cher à sortir qu'une journée de chantier.