Une ville organisée autour de son port
Concarneau vit de la pêche et de la construction navale depuis un siècle et demi. Autour du port de pêche et de l'arrière-port, les halls de criée, les ateliers de mareyage, les entrepôts frigorifiques et les hangars de réparation navale forment un ensemble bâti presque entièrement entre 1950 et 1985. La couverture par défaut de ces grands volumes était la plaque ondulée en amiante-ciment, souvent doublée d'un bardage vertical du même matériau.
Les quartiers d'habitation suivent la même chronologie : maisons de marins et logements ouvriers de Beuzec-Conq, du Passage-Lanriec et de Kérose, bâtis ou agrandis dans l'après-guerre, avec appentis, buanderies et garages couverts en plaques.
L'embrun et l'ammoniac, deux accélérateurs de dégradation
Une plaque de fibrociment située à trois cents mètres du quai ne vieillit pas comme une plaque de l'intérieur du Finistère. Le sel dépose une couche hygroscopique qui garde le matériau humide en permanence, et le ciment se carbonate plus vite. Sur les bâtiments frigorifiques, les fuites anciennes d'ammoniac ont en plus attaqué la surface par l'intérieur. Résultat concret sur nos chantiers concarnois : des plaques qui s'effritent au contact et se cassent sous leur propre poids si on les soulève mal.
Ce que cela impose comme méthode
Sur ce type de support, la dépose sans découpe reste la règle, mais elle se prépare : imprégnation à l'agent mouillant la veille, dépose à deux ou à trois selon le format, film au sol sur toute l'emprise pour récupérer les fragments, et renoncement assumé au rendement. Nous chiffrons ces chantiers avec un rendement journalier réduit d'environ un tiers par rapport à une toiture équivalente de l'intérieur, et nous l'écrivons dans le devis plutôt que de le découvrir en cours de route.
Les contraintes propres à une zone portuaire en activité
Un hall de mareyage ne s'arrête pas trois semaines. Nos chantiers concarnois se font donc par tranches, avec des cloisonnements provisoires, un balisage qui laisse passer les camions frigorifiques et des horaires calés sur les marées et les débarquements. C'est un travail de phasage autant qu'un travail de retrait, et il se décide à la visite technique, pas au démarrage.